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Les bryophytes, un groupe taxonomique original et méconnu à La Réunion

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Présentation

Parmi le règne végétal, les bryophytes représentent le second groupe le plus large après les plantes à fleurs (350 000 espèces). Comprenant entre 15 000 espèces (Gradstein, Churchill et al. 2001) et 25 000 espèces (Crum 2001), elles se situent sur tous les continents et dans toutes les localités habitables par des plantes photosynthétiques de l'équateur aux terres arctiques et du littoral aux systèmes montagneux.

Des analyses phylogénétiques récentes ont permis de reclasser les bryophytes (Glime 2007) :

∞ Les Anthocérotes sont considérées comme étant un phylum (=division) à part entière (Anthocerophyta).

∞ Les Hépatiques occupent un phylum différent, les Marchantiophyta divisées en hépatiques à thalle différencié les Jungermaniideae, comprenant d'un coté les Metzgériales et les hépatiques à thalle peu différencié et d'un autre coté les Jungermanniales, hépatiques à feuilles. Ces dernières représentent 85% des hépatiques (Crandall-Stotler et Stotler 2000).

∞ Les Mousses forment le phylum Bryophyta, phylum où l'on retrouve les Sphaignes.

Ensemble, les Anthocérotes, Hépatiques et Mousses sont plus traditionnellement appelés sous le terme « bryophytes » (du grec bruos : mousse et phuton : plante) qui n'a pas un réel sens taxonomique, il a été suggéré comme nom de sous règne Bryobiotina.

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Les bryophytes ne possèdent pas de réels vaisseaux conducteurs. Par conséquent l'absorption de l'eau et des sels minéraux dont a besoin la plante se réalise au niveau de l'ensemble de l'individu. Chez la plupart des espèces, les rhizoïdes ont un rôle unique de fixation au support et non de conduction.

D'un point de vue écologique, ce sont des végétaux intervenant dans des stades jeunes de successions mais également climaciques. Beaucoup d'espèces sont inféodées à des milieux et à des compartiments écologiques particuliers. Elles sont donc de bons indicateurs de l'évolution intrinsèque de l'écosystème, ce qui a été mis en évidence en milieu tempéré pour les bryophytes corticoles (Bardat et Aubert 2007).

La biomasse peut être extrêmement faible dans les milieux ouverts et secs, a contrario très significative dans les milieux humides.

Les bryophytes jouent également un rôle important dans la circulation de l'eau et des éléments nutritifs dissous, particulièrement dans leur capacité de rétention et de stockage. La végétation épiphytique permet également de réguler les apports d'eau par des apports continuels dans les rivières en période hivernale et sèche et évite ainsi l'érosion des sols et des glissements de terrain qui provoqueraient les inondations liées à la disparition de ce réservoir d'eau (Pócs 1980). Les manchons bryophytiques (« moss ball »), servent également de pépinière aux graines de plantes vasculaires comme les Orchidaceae et spores d'Hymenophyllaceae observées dans les forêts réunionnaises, et abritent une faune (méso et microfaune) encore méconnue qui se trouve protégée des prédateurs et de la déshydratation lors de la saison sèche.

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