
Cette partie est issue du mémoire de Master II de Staménoff (2007).
Les bryophytes représentent un compartiment majeur dans les écosystèmes tropicaux, du micro-habitat à l'échelle du paysage. L'étude de ces organismes s'inscrit bien dans une volonté commune et internationale de valoriser la connaissance de la diversité biologique en bryologie afin de limiter la disparition des espèces sous l'effet des activités anthropiques.
Un plan d'action international a été mis en place pour les bryophytes en voie de disparition des espèces ainsi que les habitats les accueillant, ce plan a été mis en place par un groupe d'experts en bryologie de l'IUCN (Hallingback et Hoddgetts 2000).
Ce plan d'action comprend l'inventaire et la réalisation de liste rouge pour les bryophytes, l'identification des points chauds de la bryodiversité, la promotion des études écologiques, la formation à la bryologie, la réalisation des herbiers bryologiques qui contiennent des mines d'informations quant à la distribution des espèces et constituent des outils d'aide précieux aux études taxonomiques et écologiques, la sensibilisation à un large public.
Rappelons que la Convention de la Diversité Biologique (CDB) de l'Organisation des Nations Unies (ONU) offre un cadre réglementaire efficace pour la protection des bryophytes dans certains pays (http://www. biodiv.org). Ce plan d'action recommande notamment d'accroitre résolument la connaissance en s'appuyant sur la recherche scientifique et de réduire la perte de biodiversité. La France a lancé en 2004 une stratégie nationale pour la diversité biologique : gestion, préservation, valorisation, avec pour cible géographique les collectivitées d'Outre Mer par le biais de ces agences de recherches (Agence Nationale de la Recherche, l'Institut Français de la Biodiversité) qui ont élaboré une stratégie nationale de recherche sur la biodiversité.
La réduction, la fragmentation, et la dégradation des habitats importants pour les bryophytes au niveau mondial contribuent fortement à la diminution du nombre d'espèces et de la diversité génétique. Les bryophytes sont menacées par les activités telles que la déforestation, l'accroissement des terrains agricoles, l'urbanisation, la construction de routes et de barrages hydroélectriques, les exploitations minières, l'assèchement des marais, et le surpâturage. L'envahissement par des espèces introduites de plantes vasculaires peut dévaster l'ensemble de la flore bryophytique d'une région. Les bryophytes sont menacées en partie du fait de leur morphologie particulière et de leur taux et mode de reproduction. Certaines espèces de bryophytes sont fragiles, sensibles à la sécheresse; elles se déshydratent par conséquent rapidement lors des périodes sèches provoquées par la déforestation des milieux par exemple. D'autres sont sensibles aux perturbations environnementales et deviennent donc vulnérables.
Les bryophytes sont aussi menacées du fait de leur manque "d'image de marque", connues sous le nom de « végétaux inférieurs » au sein des milieux de protection de l'environnement; ceci, combiné à l'incompréhension de leur rôle dans le fonctionnement des écosystèmes, font qu'elles sont souvent ignorées par le public et les organismes de protection de la nature (Hallingbäck et Hodgetts 2000). Il est donc nécessaire de prendre en compte leur statut, de mener des recherches sur leur écologie, de les faire connaître aux acteurs de l´environnement afin de les intégrer dans les différentes mesures de protection et de conservation des habitats.
